Est-ce qu’aimer, c’est tromper ?

Je ne sais pas trop par quoi commencer, il y a beaucoup à dire sur ces derniers années. Mes mondes parallèles vont trop vite, la réalité, la famille, les amis, le travail d’un côté, la virtualité, les échanges, les rencontres, la curiosité de l’autre. Et au milieu, il y a un lien, une complicité, un désir, un plaisir.

La passion peut naître pour 5 minutes, jours, semaines ou mois, mais la routine ronge tout. Donc on songe à tout plaquer. Mais une séparation au bout d’une décennie, c’est sauter d’un bateau au milieu d’un océan, sans terre à l’horizon. Et partir à la nage dans une direction inconnue. Forcément, on y réfléchit à deux fois avant d’agir.

La maison est vide. Chose inédite pour un vendredi soir. Ma femme est partie chez mes beaux-parents avec les trois enfants. Je devrais m’ouvrir une bière, commander une pizza et mater un film. Pour une fois, pas une comédie romantique ou un Disney. J’ai le choix. Je suis seul. Je peux faire ce que je veux. Mais en vérité, j’ai juste ouvert une bière. Les pieds sur la table basse du salon, avec mes chaussures. Un crime en temps normal. Douce sensation de rébellion. Mon esprit vagabonde, mais un sourire revient toujours. Celui d’une femme. Pas la mienne. C’est bien le problème.

Non, il ne s’agit pas de ma maîtresse. D’une amie. Pour être plus précis, la femme d’un ami. Un couple que mon épouse apprécie, que l’on rencontre pour quelques soirées ensemble. Une parenthèse hors du temps que j’attends chaque année avec délice. Juste pour Elodie – son prénom, vous l’aurez deviné -, son sourire, sa légèreté, son pas vacillant après deux verres de vin, sa manie de s’égarer à chaque visite de village… et ses insomnies. Car elles coïncident avec les miennes. Et ces heures, sur une terrasse rafraichie par la nuit à discuter de tout. Surtout de rien. Mais pas de notre quotidien. Plutôt de nos rêves d’enfant pas totalement évanouis. Sans regrets, mais avec une nostalgie encore teintée d’espoir.

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Je l’aime. J’en suis certain désormais. Elle aussi. Je le pense. On n’en parle pas. Nous ne nous sommes jamais embrassés, ni tenus la main. Rien. J’en ressens l’envie, oui, mais pas le besoin. Pour 5 secondes, minutes ou heures, je me sens vivant avec elle. La femme d’un autre. Je ne pense pas à briser mon couple, ni le sien.

Les pieds toujours sur la table basse, la bouteille de bière vide, cette question occupe mon esprit : est-ce qu’aimer, c’est tromper ?

//brouillonné en 2012
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Rien ne lie la grandeur d’âme et la largeur de sexe : Fail-ation

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Pendant qu’elle me suce sur le canapé en cuir italien fabriqué en Chine, je note mentalement ces mots : Oeuf, quatre piles AA, mouchoirs, lait… Je peigne ses cheveux pour lui rappeler qu’au bout de cette bite, il y a un homme qui vit. Je dégage son visage, rassemble les victimes blondes d’un balayage, puis attrape le petit palmier à deux mains. Je tiens maintenant la tête par sa poignée.

Si je connaissais son prénom, je pourrais me fendre d’un « Ayala, c’est bon ».

Mais l’accent hébreux … Je n’ai pas été foutu de comprendre.

Politique, sexe et religion : si si le mélange existe.

Grandir, c’est voir que le monde n’est pas à la hauteur.

Chez les premiers hommes, le membre le plus puissant du groupe pouvait baiser tout le monde s’il le souhaitait. Comme quoi en 4 millions d’années, l’humanité n’a pas beaucoup évolué. Entre l’homme préhistorique et l’homme politique d’aujourd’hui, seules les méthodes ont changé. A l’époque, quand le premier rencontrait un peu de résistance, il se servait d’un gourdin pour passer en force. Alors qu’aujourd’hui, le second n’a qu’à utiliser le 49.3.
Non vraiment, c’est génial la politique.
On a rien trouvé de mieux pour prendre les gens pour des cons depuis les religions.

D’ailleurs, ce n’est pas tout à fait un hasard si pendant des siècles, politique et religion ont été intimement liées. Les deux ont la même stratégie : faire croire au bon peuple qu’il existe un être supérieur qui lui veut du bien. La différence, c’est que contrairement au curé, l’homme politique a besoin que tu sois majeur pour te la mettre.

Donc ce qui devait arriver, arriva. Le 14 juillet 1789, le peuple a défoncé l’État.
Et tout le monde s’est mis à rêver de liberté, d’égalité et de fraternité. C’est beau. On dirait du Yannick Noah dans le texte.
Oui, mais c’était sans compter sur la nature humaine.

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Dans les faits, le système oppressif n’a pas disparu, il a juste changé de forme. Les puissants ne pouvant plus légitimer les inégalités sociales par le simple droit divin, ils ont simplement inventé un truc pour que la soumission paraisse moins violente. La Démocratie.
Et la religion dans tout ça ? Et bien comment dire…

A longueur de journaux, de livres, d’émission de télé, ça nous bassine avec les racines chrétiennes de la France. Par contre, dès qu’il s’agit d’aimer son prochain comme soi-même, là ça se met à bafouiller. Il n’y a qu’à voir le délire de cet été. Quand les politiques se sont plus intéressés aux musulmans qui nagent habillés parce qu’il s’agissait de burkini plutôt que des migrants en train de se noyer.

J’en viens donc aux Droits de l’Homme. Ce n’est qu’un vulgaire bout de papier qui n’aura jamais la valeur de celui sur lequel est rédigé un contrat de vente de 100 rafales à l’Arabie Saoudite. Le fric, c’est le pouvoir. Le pouvoir, c’est le fric. Et ça, la majorité des politiques l’a bien intégré. En premier lieu ceux qui veulent faire baisser les minimas sociaux mais refusent d’être sanctionnés financièrement pour leur absentéisme à l’Assemblée. Les mêmes qui t’expliquent qu’il faut travailler plus, plus dur, plus longtemps, mais gagner moins, évidemment.

Sincèrement, tous ces rentiers cumulards qui n’ont jamais vraiment bossé ne devraient pas se mêler du droit du travail, comme les prêtres de sexualité. La vérité, c’est que la plupart des hommes politiques gèrent mieux leurs économies que la nôtre. C’est triste, mais c’est ainsi.

Moi depuis que je suis inscrit sur les listes électorales, je n’ai jamais eu l’impression que les principaux candidats en avaient quelque chose à foutre de moi, de nous. J’ai plus eu la sensation d’être une fille qui s’est inscrit sur adopteumec.com pour pouvoir choisir par qui elle va se faire niquer.
Et sous cet angle, les primaires, on dirait plutôt des préliminaires.

Après je dis ça, mais malgré tout, je pense qu’il faut continuer à voter. Parce qu’à mon avis, l’abstinence n’est pas le meilleur moyen de lutter contre le sida, comme l’abstention n’est pas la manière la plus efficace de combattre le populisme et la corruption.
L’espoir d’une prise de conscience collective.
C’est encore plus flagrant avec la présidentielle passée. Car face à tous les abus de nos politiques, combien sont-ils aujourd’hui à se dire déçus de tous les partis et que cette fois, c’est décidé, ils vont voter FN ?
Désolé, mais ça revient à penser : « Tous mes ex baisaient mal donc je vais me faire sodomiser par un berger allemand ».
Et ça, décemment, je ne peux m’y résoudre.

J’ai voulu reprendre du poil de la bête mais elle s’est épilée.

Il est déjà 17h, le Bus démarre dans quelques secondes, des amoureux s’embrassent sur le trottoirs, des enfants tirent la langue derrière les vitres et je n’ose pas regarder le visage de la femme qui vient de s’asseoir en face de moi. Je bois une gorgée d’eau pour me donner une contenance. Je me demande si sa peau est douce.

Je me souviens avoir reconnue une amie, comme on se retourne brutalement dans la rue en croisant une silhouette remarquable. Grande, mince, une gueule d’actrice, un regard caché derrière de belles lunettes, des amis en commun, j’étais déjà intrigué et l’envie d’en savoir plus a eu raison de ma réserve sociale masculine habituelle. La conversation pouvait commencer pour le plaisir de la découverte. L’espoir des prémices, cette phase intense ou l’on peut passer une journée entière à se dire des banalités et laisser tout tomber autour, oublier de bosser, de déjeuner… elle n’existait pas au quotidien mais je ne voyais que elle. Mes journées étaient rythmées de mots, de photos, pas le temps de souffler, je savais trop l’éphémère de la situation, elle savait trop la rareté de ces moments. Quand deux inconnus ressentent l’évidence.

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J’ai un trac de bachelier, je sais que ce soir je vais la croiser à cette soirée où tout le monde veut être invité. Nos bouches n’ont pas attendu d’entendre le son de nos voix qu’on s’était réservé pour cette première fois. Le baiser fût long, je n’ai plus aucun souvenir de cette soirée, du trajet. Téléportés dans ce hall d’hôtel, les tapisseries se succèdent, différentes à chaque étage, son tee shirt au sol, des nuages, sa jupe remontée sur ses hanches, des fleurs, mon torse nu contre ses seins. Sans vêtements ni pudeur, la porte de la chambre 601 se referme derrière nous… Bienvenue au Paradis des amoureux d’une nuit ou d’une vie.

L’éphémère dure maintenant depuis plusieurs années… Ce fût un plan Kulte plein d’avenir.

Je lui écris des vers pour qu’elles y boivent mes paroles.

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Elle est tombée amoureuse
Elle s’est relevée âme heureuse
Elle s’est couchée langoureuse
Elle s’est levée langue heureuse

Ta petite tête vient se frotter contre la mienne, elle finit par se caler dans mon cou comme pour y trouver refuge.
Tu effaces par ce geste tout ce que le monde a de mauvais, comme si le fait de te blottir contre moi nous enfermait dans un cocon d’insouciance. Il ne reste à cet instant que nous deux et la douceur de tes cheveux de femme qui glisse sur ma peau, tes petits doigts qui enserrent les miens et tes yeux curieux de tout.
Tu me regardes.

Ton visage s’illumine alors d’un sourire instinctif, indispensable, tes yeux se plissent et ton visage prend des airs d’universalité.

Tu me tapotes sur le torse, je suppose que ça veut dire que tu es heureuse, ici avec moi. Je me rends compte combien ces moments sont précieux, je les sais évanescents et moi si éphémère.

Oublions ce qu’il adviendra. Profitons de maintenant, de cet instant où tu te frottes les paupières rongées par le sommeil auquel tu tentes en vain de résister. Tes petits yeux se ferment pour de bon, ton souffle se fait plus profond.
Je tiens à toi.

Une soirée, une campagne, une histoire: Soirée des R&T d’Auxerre.

Notre voiture progresse lentement dans un chemin de terre, les formes opaques des collines de Vermenton dessinent des masses sombres et inquiétantes. La seule lumière présente est celle du plafonnier, jaune et diffuse de ma défunte 206 HDi.

De temps en temps, on s’arrête, on coupe le moteur, et on tente d’entendre l’écho des guitares dans la nuit qui nous guiderait sur le chemin de ce qu’on appelle d’ores et déjà une glandouille partie. Une lumière fragile clignote répétitivement et provoque des cris de joie, on y est, plus que quelques centaines de mètres.

On croise d’autres voitures de temps en en temps, et, à flanc de colline, en face, des phares en pointillés tracent un bandeau noir, comme une piste d’atterrissage. On ne tient plus en place. Ça fait un moment qu’on tourne en rond, le coffre chargé, l’euphorie commence à faire effet.

Arrivés sur place les amis peuplent un parking sauvage en pleine lisère de forêt.
Un comptoir à alcool est improvisé dans un coffre de voiture ouvert.

Un vendeur à la sauvette crient à qui veut l’entendre des « COLOMBES BLAAAANCHE » « SUPERMAN »…
On ne tient plus, on veut danser, chanter, manger, dormir, courir, hurler… On passe devant quelques gars qui prépare un barbecue de la taille d’un buché… Et, on s’enfonce dans une grande tente.
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 Sourire aux lèvres, corps trépidant de vivre des moments enfiévrés et de se perdre dans les rythmiques musicales. On oublie tout, on a l’impression de vivre un truc unique à chaque fois, d’être une communauté de glandouilleur de R&T d’Auxerre 2009, c’est notre conviction.
Les heures passent mais je ne m’aperçois de rien.

La tête penchée en arrière, le regard tourné vers un ciel scintillant de millions d’étoiles, mon corps se détend, l’esprit aussi. Je ferme les yeux, et dans une grande inspiration, je sens mon coeur prêt à éclater. Sous ma peau, des picotements dessinent un sourire représentatif de la joyeuse défonce que je suis en train de vivre.

Je me suis réveillé frigorifié, frémissant, la peau sale, les yeux vitreux, (la mâchoire serrée). Ma carcasse endolorie marche droit vers un soleil inquisiteur, je me sens coupable de quelque chose d’indicible. C’est la descente, le bad trip fait son entrée.

Le premier baiser est un échantillon d’amour, mais il n’est pas gratuit.

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Elle n’est pas pour toi… Cette rengaine comme un grésillement.
Un simple regard, deux mains qui se frôlent, un parfum iodé, quelques mèches blondes, un sourire qui en dit long, il en a fallu de peu et c’était une tragédie. Un bon vieux Flaubert ou du Shakespeare, la liaison qui te plonge la tête bien profond au fond du bain.

On a le don pour se retrouver là où il ne faut pas, aller droit dans le mur, se faire prendre bien fort le coeur. Ça n’a pas commencé et ça fait déjà mal, croiser l’envie et elle contamine, cette petite salope. Elle est tout ce qui rend dingue juste parce qu’on ne peut pas l’avoir, parce qu’elle ne court pas après, regarde à peine mais juste comme il faut, vers un corps, une odeur, un souffle. Elle est prétentieuse, compliquée, presque hautaine et on adore ça.

Elle est un démon dans un corps parfait, sculpté, affûté, qui ne laisse aucun survivants, ni le cerveau, ni la chair, tout y passe. L’envie c’est toi, c’est moi. C’est nous qui la nourrissons. Il suffit de fermer les yeux.
Et c’est pire. Elle nous bouffe.