Quand l’œil ne sait plus distinguer le faux du vrai, c’est que la clarté d’esprit a cédé devant la confusion des idées.

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Si je te parlais d’objet aujourd’hui… alors on va être matérialiste durant 5 minutes. Tu vas voir c’est passionnant… Tout tient à une montre : ma montre. Elle a un pouvoir, celui de me ramener dans le passé, quelques mois, années, en arrière. Oui donc ma montre a un pouvoir qui est une sainte horreur par moments. Elle me ramène à une époque où je n’avais pas encore commencé à vraiment faire de la merde. Son pouvoir ne fonctionne que sur moi. J’ai essayé de l’enlever et de me m’en acheter une autre, mais elle s’est cassée, je ne l’ai même pas vue se fêler. Donc j’ai remis l’ancienne. En fait, cette montre a une histoire et c’est peut-être pour ça que j’ai du mal à m’en séparer. Elle m’a été offerte par une personne qui tient une place énorme dans ma vie, même si je ne la vois plus beaucoup.

Ce qui rend cette montre particulière c’est tout ce qu’elle a vu, fait, entendu, témoignée. Elle est un souvenir précieux. Chaque fois que je la regarde, elle me renvoie à un souvenir différent, souvenir d’une époque où je n’avais pas conscience de mon bonheur. Quand elle use de son pouvoir, je me retrouve spectateur d’un moment « m » ; quelque chose qui s’est passé et que mon cerveau m’avait jusqu’alors interdit de me rappeler. Et c’est là que recommence le malaise.

Mon plus gros problème, c’est que je refuse d’oublier, je n’ai pas l’intention de lâcher prise, malgré la douleur lancinante, je préfère me rappeler de tout pour ne plus refaire les mêmes erreurs. Appelle ça de l’auto flagellation imbécile si tu veux. J’ai tout de même fait des progrès, je ne regarde plus les photos, à chaque fois que j’y jetais un œil, elles se fixaient à l’encre indélébile dans mon cerveau. Résultat : impossible d’oublier ça, et pourtant ça n’est pas faute d’essayer. Les cuites que je prends ne font que les renforcer dans ma mémoire, les traits se faisant plus précis, je peux presque voir la continuité de l’action. J’invente et crée mon propre enfer. Le matin est un réveil douloureux où je revois tout en accéléré. Il est peut-être temps d’arrêter.

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