Je ne suis pas emballé. Pourtant j’ai mis le paquet.

Le jour où ma vie prit un coup de barre à mine dans la gueule, jour léthargique, jour liturgique, ce jour précis, où mon cerveau n’en gardait aucune trace.

Je me souvenais juste d’un matin. Un vent terrible soufflait dehors. Il avait neigé. Tout Le Morvan s’était transformé en un duvet blanc, doux et onctueux, comme pour marquer ce jour d’une pierre blanche. À l’abri des grandes routes rugissantes, je marchais au rythme des craquements de la neige sous ses pieds crron crron crron et je  me sentais réconforté sans pouvoir expliquer la raison de ce réconfort. Je me souvenais aussi que le soir de ce jour, j’essayais de m’endormir en pensant aux autres matins, quand la cuillère du grand père tintait sur les rebords de la tasse, que l’odeur de son café pénétrait insidieusement dans mon cerveau, et que le son lointain des informations craché par la petite radio de la cuisine me parvenais tout juste, magma de paroles inaudibles, de bruits indéfinissables, de senteurs nostalgiques.

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