La ville, la vrille…

Je n’aime pas trop me restaurer dans les fast food populaires, où la sueur du commerçant et l’huile bouillante se mélangent, et où les familles nombreuses des HLM franciliens viennent acheter leurs repas du dimanche. Mais là, devant les portes closes des autres boutiques, ou des cafés/resto déjà bondés; je n’avais pas le choix. Cherchez pas, dans ma « bourgade » Lyonnaise, en semaine à 12h, il n’y a que deux milles individus qui désirent se restaurer : le grec et le chinois, un véritable empire à eux deux.

vue

Bref, je fus donc contraint cette dernière semaine de prendre place dans une interminable file d’attente, derrière un pakistanais couvert de peinture blanche, afin d’acheter un de ces sandwichs graisseux dégueulasses qui font rêver des milliers de lycéens. Malgré le bruit, l’odeur et la chaleur, rien n’était vraiment choquant. Ce n’est qu’au moment de payer que tout a basculé. Le mec qui découpait la viande me rendit la monnaie en me disant « Merci frère ».
« Merci frère »!! Oh là! Qu’est-ce que c’est que ce bordel?! On est de la même famille maintenant?! Pourtant, il n’y vait aucune ressemblance physique entre nous (mes oreilles ne sont pas décollées, mes dents sont droites, et je n’ai pas d’excès de sébum sur le cuir chevelu…). Je suis plutôt gêné quand un commerçant commence à me tutoyer et à essayer de sympathiser au moindre kebab acheter ou bière consommée. Et généralement, il y a toujours une référence familiale dans leur élan. Déjà qu’on avait tenter de me taxer une clope cinq minutes avant en m’appelant « cousin »… La seule possibilité pour que ce taxeur soit effectivement mon cousin, c’est que mon grand-père ait fait un peu plus que son devoir pendant la guerre d’Algérie.

coca

Il est clair qu’un simple coup d’oeil sur ma personne aurait pu leur démontrer que je ne suis pas comme eux : Je ne porte pas de jogging ni de porte monnaie autour du cou, je paye mes impôts, ne touche à rien de matériellement illégal, et ma réussite professionnel n’est pas due à ma capacité de faire des frites.
J’ai le même problème au Franprix de mon quartier. Le vigile me salue à chaque fois en m’appelant « mon ami ». Je n’ose pas lui expliquer que chez moi, le concept d’amitié est défini notamment par le partage et la confidence, ainsi que par le fait de se connaître depuis plusieurs années. Ce mec, je ne connais pas son nom, il ne connait pas le mien, et je ne partagerais même pas un chewing-gum prémâché avec lui. La seule qualité que je lui connais est de pouvoir sourire tout en étant inutile.
A ce rythme là, les Roumains seront mes neveux (mais ils n’auront rien pour Noël), et le clochard du tabac d’à-côté va m’annoncer qu’il est mon père…

Bienvenue à Lyon…

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