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Des mois où je tourne à plein tube, à l’attendre, elle est à l’autre bout de la route Auxerre/Avallon.

Le temps que tu as passé à tourner comme un ours en cage, à jouer avec son visage en pensée, à rêver d’elle, ce temps que mon amitié a pris pour devenir passion, elle l’a donc passé à réfléchir. Soit.

Serrés sous le même parapluie, elle t’explique que sa vie n’est pas la tienne, qu’elle a choisi d’être avec un militaire violent et dépendant., qu’elle te fera du mal, elle t’abreuve de propos insondables que tu n’entends même plus.

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Le  coup t’a laissé à terre, bon pour le compte, le genre de compte qui s’égrène en années. Des femmes, des ruptures, des amours, des rires, des disputes, elle est l’étalon, elle t’a rendu sensible aux accents, aux artistes, aux  foires de campagne , aux charmes citadins …
Elle t’a vacciné aux attachements trop irremplaçables, que tu fuis comme la peste, elle a été la matrice de ton rapport aux femmes. Elle cesse un jour de t’obséder, mais elle traîne à la périphérie de ta conscience, pas vraiment un regret éternel, mais ce qui se rapproche le plus de ta définition de la femme de ta vie.

Mon avis, mon ami !

Un enfant, une séparation, une vie transformée dans ses fondations mêmes, elle te recontacte, elle aimerait savoir ce que tu es devenu.Rendez-vous chez toi, l’attente, ton cœur cogne, des putains de sueurs froides, la cavalcade des pensées, des possibilités, des significations et ramifications potentielles. Les portes de ta future demeure s’ouvre, elle est là.

Les choses se font de manière étrangement naturelle, le temps est aboli, tu te sens transporté quatorze ans en arrière, tu ne fais pas que goûter la madeleine, tu plonges littéralement dans la tasse de thé, vos conversations reprennent au point où elles se sont arrêtées.

 

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Le canapé, il fait froid, elle glisse ses pieds sous tes cuisses, la sensation t’électrise, et pourtant quelque chose cloche, elle parle, parle, débite comme un moulin à paroles, et rien n’a changé, rien, elle est toujours un écrivain sans livre, elle attend toujours d’écrire son chef d’œuvre, elle voyage, elle n’est toujours attachée à rien, elle n’est plus mariée, n’a pas d’enfant à charge, n’en n’aura plus, ses pieds se faufilent sous tes cuisses, fouillent pour trouver leur chemin, elle te parle des signes de la vie, les mêmes que quatorze ans avant, tu te sens transporté, son sourire est marqué, les rides autour de la bouche, les cernes sous les yeux, elle est la même, mais elle a fané, elle fouille sous tes cuisses, elle est défraichie, elle sent légèrement la sueur, sa robe est décolorée, elle fouille, un geste suffirait à soulever sa jupe, elle te le demande du regard, son sourire est un rictus, tu te redresses, électrisé, libéré, comme un pantin hors de sa boîte, de retour au présent, vieilli de quatorze années de rires, engueulades, joies, amours, peines, métiers, changements, vie, et contemplant une femme qui a passé ces quatorze années à tourner en boucle et à creuser le même sillon circulaire, enfermée à double-tour dans une pièce sans fenêtre.

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