Pour être dans les règles, chaque matin, je sniffe une ligne de conduite.

Je vois bien que l’ on vit dans une société de pouvoir, à jouer au dominant dominé et qu’il est de bon ton d’écraser son contemporain pour montrer son ambition. Mais, je ne sais pas faire ça. C’est contre ma nature d’homme, mais la nature de l’Homme est contre moi

Pourtant, à l’intérieur de moi, une rage et une énergie me rappelle sans cesse qui je suis, mais, une force bien supérieur et invisible la contient. Je ne sais pas si c’est la pression sociale, la bienséance, l’illusion d’un mode de vie “normal” ou juste un manque de courage. Je m’efface petit à petit comme pour devenir transparent et ne plus me voir moi-même ? Je le vois bien, j’évite les gens…

introspective

Je prends conscience du temps qui passe, du temps perdu. Des heures et des jours à réfléchir, à se rêver une vie, à s’idéaliser une existence, à espérer des projets, à vivre d’illusions, en fait, je ne fais rien. Je réfléchis, ça pour réfléchir, j’ai le temps.

Hier, j’ai croisé une collègue de travail dans l’ascenseur. Elle a la vingtaine comme moi, mais déjà mère d’un enfant. Elle m’a demandé comment j’allais, j’ai répondu par un soupir très expressif que “ma foi, on fait aller” dans une désespérante moue de victime de sa paresse. Elle acquiesça et son visage se raidit. Soudainement, elle se mit à parler avec véhémence : “ Moi c’est pareil, j’en ai marre. J’aimerai me barrer, faire autre chose mais c’est dingue comme on flippe non ? On est jeunes, on devrait être enthousiastes, travailler sans compter nos heures et se défoncer pour des projets sans râler, mais on passe notre temps à pleurer un idéal professionnel sans se bouger le cul parce qu’on est trop frileux et parce que ce pays pue la merde, parce que cette entreprise nous enfonce la tête sous l’eau…” Elle se détendit, comme soulagée.

Elle avait raison, je dodelinais comme un petit enfant encore une fois et la porte de l’ascenseur s’ouvrit sur le hall d’entrée. Elle me fit un grand sourire, ses petits yeux verts se plissèrent avant de disparaître dans sa longue chevelure brune que le vent qui s’engouffra dans le sas d’entrée, avait décidé de chahuter. Je la regardais s’éloigner dans son habit d’été d’une blancheur transparente avant de s’enfoncer dans la lumière d’un soleil éreinté des premiers crépuscules de juin.
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J’ai eu une sensation d’abandon, comme si une partie de moi s’était éloignée avec elle. Elle venait d’exprimer avec beaucoup de simplicité et de sincérité ce que je pensais depuis des mois. Je me rendis compte de ma médiocrité. Je me demande si c’est une preuve de grande intelligence ou juste un abandon d’ambition qui peut vous faire penser ça. Escroc de ma propre vie, je suis ma première victime. C’est douloureux de tomber d’un piédestal, mais une fois au sol, j’ai pu découvrir que ce dernier était fait de carton-pâte et que personne n’était là pour me relever.
 
 
Tout article ou image produite sous licence Complete Bullshit comme celui ci est reconnu d’inutilité publique. Tout y est ouvertement faux et scandaleusement mensonger, en général dans l’unique espoir d’en rire….
Toute action en justice serait donc ridicule puisque ça ne me ferait pas plaisir, d’autant que cela n’est pas très gentil.
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3 réflexions sur “Pour être dans les règles, chaque matin, je sniffe une ligne de conduite.

  1. « Qu’ allez-vous et qu’ allons-nous devenir avec vous ? »

    Une question que vous auriez dû vous poser plus tôt, dans le genre…..

    Faire un monde meilleur pour nos enfants, mais surtout faire de meilleurs enfants pour notre monde.

    Bref… maintenant imagine dans la prochaine génération…..

    —–Message d’origine—–
    De : ************ Jean Philippe
    Envoyé : jeudi, juin 26, 2014 09:16
    À : **************** David
    Objet : RE : la petite lecture

    C’ est bien ce que je pensais: putain de jeunesse désabusée et mollasse !
    Qu’ allez-vous et qu’ allons-nous devenir avec vous ?

  2. très beau texte ( comme d’habitude )
    face à l’inconnu on préfère parfois se réfugier derrière notre quotidien quitte à en souffrir parfois . on est dans un contexte particulier aussi de crise qui ne nous aide pas à sortir la tête de l’eau , avec de plus en plus de chômage , c’est sur que l’avenir fait peur..c’est humain d’avoir peur .

  3. Pingback: 25 ans. | Ca glandouille dur par ici !

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