Ça va chauffer pour ton ventricule.

Le jour J arrive enfin. Je pensais avoir tout le temps de venir te chercher à la gare, j’avais même facile 10 minutes d’avance. Je pouvais t’attendre, nonchalamment appuyé contre un pilier pour me donner une contenance. Sauf que voilà, pas de métro. Bordel ! Non ! C’est pas le moment ! Les flics font évacuer la station avant même que j’y pénètre. On entend l’un d’eux crier : « allez on sort, colis suspect, le trafic est suspendu ! « . Hé merde… Ca commence bien. Bon, en même temps, la présence d’une potentielle bombe, au sens figuré, c’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Mais quand même, il me faut un plan B pour arriver à la gare, et je sais immédiatement que je vais être à la bourre. Y’a pas à dire, pour faire bonne impression, c’est de première. SMS pour prévenir, et puis tu appelles pour savoir quand j’arrive parce que… ben tu connais pas la ville. Et que poireauter dans la gare Part Dieu, évidemment c’est pas le plan le plus sympa un vendredi soir, tard.

Finalement j’arrive en mode petites foulées, histoire de ne pas débouler tout rouge, essoufflé et en sueur. Je te cherche du regard. Et puis je te vois te lever. Petite silhouette sautillante. Je souris. Je reconnais ton sourire, ton regard. Mes yeux un peu trop fatigués se délectent de cette jolie petite robe verte légère au-dessus de sandales délicatement nouées par de larges bandes de satin noir. Tu t’approches et viens déposer un baiser directement sur mes lèvres pour me dire « bonjour ».

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Le trajet est un peu pénible parce qu’il faut prendre des embranchements, des sorties de TCL, mais la conversation est intéressante et pas tellement pesante. Je te sens quand même un peu tendue, mais ça n’a rien de surprenant. J’essaie de mettre un peu de naturel mais je dois dire que ça se passe bien. Un petit gabarit superbement proportionné, un air coquin croquant parce que ton expression naturelle te fait une petite moue sexy. Il se dégage de toi ce petit quelque chose indéfinissable de très méditerranéen qu’ont les femmes d’Italie.

Arrivés chez moi, je te propose de boire quelque chose et m’installe à tes côtés sur dans le salon. Machinalement, je pose ma main sur ta cuisse douce et parle en regardant alternativement par la fenêtre, dans ton décolleté et dans tes yeux pétillants. Je t’embrasse à nouveau et nos gestes se font érotiques, les mains s’aventurent sur les nuques, les bras, les cuisses… Et puis, prétextant un besoin naturel, tu te lèves pour aller aux toilettes. Coquetterie.

Pendant ce temps, je me penche un peu sur iTunes et change un peu la musique, histoire de créer une atmosphère plus propice encore. Mais pour célébrer l’instant, il faut parfois aller jusque dans les détails. Là où se cache le diable. Perfectionniste ? Un peu obsédé par de petites choses infimes, diffuses, secondaires ? Peut-être. Mais c’est aussi ce qui me fait jouir des détails de la vie, des situations. Comme un tableau impressionniste que je verrai de loin et de près à la fois. C’est ce qui densifie et colore mes souvenirs. Et ce soir-là, je compte bien utiliser à plein régime ma mémoire cinématographique et sensuelle en mode REC…

La porte produit un son lourd, la poignée fait grincer la serrure et puis… et puis tu sors. Marques une pause. Prends la pose. Mes yeux s’écarquillent. Ma mâchoire tombe. Mes mains frétillent, elles aussi. J’ai l’impression que Charlize Theron de la publicité J’adore de Dior vient d’entrer dans mon salon…

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