Les cauchemars, ces films d’horreur gratuits.

Je me penche et le clair de lune me permet d’apercevoir ma grimaçe bourrée d’idées incroyables se refléter à la surface de l’eau d’une fontaine, dans les rues de Lyon. En me redressant, je découvre quatre types qui marchent dans ma direction, ils me montrent du doigt, ils crachent, et m’insultent. Ma couleur de peau trop clair leur pose un problème. Pour changer. Et comme j’enregistre la situation avec la rapidité d’un ordinateur à écran tactile double processeur, je me dis qu’il faut que je me barre immédiatement. Et je me barre immédiatement.

brique

Ils sont rapides les aryens, mais pour rattraper un mec qui fait le cent mètres en douze secondes avec un sac à dos rempli de bouquin sur le dos, faut s’être fait masser les mollets à la crème de guépard et le corps à l’huile d’anguille.

Je souris en les entendant gueuler loin derrière, à bout de souffle.

Arrivé au carrefour du central de transmission France Telecom de Lacassagne, mon sang est en ébullition parce qu’il est difficile à un mec de ma stature et de mon envergure de subir les tourments d’une poignée de bâtards pour se battre, mais mon âge trop jeune m’empêche maintenant de faire demi-tour et de cogner…. « I have Dream … »

J’aurais voulu ne pas atterrir ici, enfermé dans cette ridicule et pluvieuse ville lyonnaise, lorsque les archéologues, dans un million d’années, gratteront toute cette putain de haine pour découvrir notre beau pays, calculeront la surface de nos vies avec leurs lasers et leurs ordinateurs, et donneront un chiffre à chaque vêtement, chaque construction, chaque ossements, ils ne trouvent aucune trace de nos pensés, aucun vestige de nos espérances, à dépoussiérer ou à étudier.

Alors que je cherche une protection contre les larmes, une image surgit dans mes pensées, celle d’un archéologue en train d’examiner mes restes et d’expliquer à ses collègues que mon âme a été lacérée par une autre personne, vraisemblablement un humain, peut-être au cours d’un rituel barbare, ou peut-être parce que les hommes, en ce temps et en ce lieu ressemblaient bien plus à des chiens enragés qu’on ne l’avait prédit jusqu’à présent.

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