J’ai la maturité affective d’un enfant de 8 ans.

Je regarde le visage sur les pixels de mon écran, comme pris sur le vif. Je fixe cette photo prise à quelques centaines de kilomètres de là, peut-être un peu moins, je détaille le corps droit qui regarde au loin l’horizon comme en attente d’un autre ailleurs, comme si son regard venait jusqu’à moi. Je regarde cette bouche que j’ai tant embrassé, ses yeux que j’ai vu pétiller, ce corps que j’ai vu tendu vers moi. J’entends sa voix qui vacille, ses cris qui résonnent, ses larmes dans une voiture arrêté dans le froid, ses rires dans une cuisine ou elle chante, s’oublie. Je me souviens de son sommeil, de son visage apaisé au creux d’un oreiller, de sa respiration lente et douce qui soulevait sa belle poitrine. Je regarde ce visage tendu vers une autre vie, un autre lieu, vers des rêves éveillés, vers un village aux pavés gris, au rues qui montent. Je me souviens de son sommeil dans mes bras, de nos voyages effrénés pour découvrir ce monde.

black

J’épure mon regard sur la photo, je rentre dans les images, je la prends dans mes bras. Elle se laisse aller parfois, en voiture ou ailleurs, elle se laisse voguer sur des territoires inconnus. Il est temps de me retirer de la photo, de regarder son souffle qui s’éteint sur l’image.

Je reprends le décompte des jours qui nous sépare de nous.
Je reprends le décompte.
Un jour après l’autre.
Un jour et puis l’autre.

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