Le dimanche, c’est le jour du jogging. Il y a ceux qui font un jogging et ceux qui se contentent d’en mettre un.

Je suis devenu la ville jusqu’à en oublier les bruits du vent dans les arbres et le temps que prend la nature pour exister. Les lampadaires aux lumières blanches, guidant mon chemin dans les avenues rectilignes d’un urbanisme froid ; j’ai même du mal à voir la nuit, car les étoiles ici sont fades et peinent à briller, comme essoufflées.

Je me souviens du silence, quand, assis au bord d’un lac, aux premières lueurs du jour, la brume dansant encore sur les eaux noires, je m’asseyais sur une racine proéminente et je laissais la vie se réveiller. Les arbres immobiles et le ciel virant à l’indigo, des chants d’oiseaux timides et des sillons sur la surface de l’eau s’évanouissaient en cercle parfait. J’essayais de disparaître mais je n’entendais plus que ma respiration qui semblait plus bruyante qu’à l’accoutumée.

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Pas le temps de rêvasser, je viens de me prendre un coup de klaxonne, faut être vigilant en longboard sur la route, c’est stratégique à Lyon.
Je dérape sur un amas de feuilles mortes coagulées en une mélasse dégueulasse, à côté, une flaque reflète mon visage fatigué. Vivement les vacances à la campagne…

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