Un retour par le Morvan.

Je poursuis mon petit bonhomme de Michelin, manière de dire que j’ai trop bouffé, que j’ai froid, et que je roule fenêtres baissées à grande vitesse. Tout ça en même temps. Pourtant lorsque la lune consent à lever son gros cul, je suis à la fois fatigué et en bordure d’une putain de route de campagne. Je suis à bord d’une grosse cylindrée qui pénètre une forêt plus ou moins vierge du Morvan.

Tout en conduisant, je serre d’une main le volant bagnolesque et me sert de l’autre pour régler l’autoradio, mon âme, elle, libre de tout mouvement adresse une impérieuse prière au Big Boss de tous les big boss, si tout doit se terminer ici, qu’il en soit ici, amen (ironie). Je me marre un bon coup en matant ma ganache dans le miroir, je reprend ma conduite sérieuse, puis je quitte la route principale, pas si pâle, mais plutôt verte et humide, et prend les virages a allure raisonnable, et percute à pleine vitesse et en plein fouet le fossé verdoyant.

Cette forêt aussi inextricable que tropicale dégage une humidité bienvenue en période de canicule, une sensation que je pourrais décrire en long et en large, et même peindre au fusain pour que ça fasse plus précieux, plus aérien, sans arriver à retranscrire exactement la sensation du truc.

mycar

La jeune bagnole est pliée, le capot déguisé en accordéon crache de la fumée blanche et siffle la mélodie du malheur, la taule froissée épouse parfaitement le bitume, les éclats de verre brillent sur le sol à la lumière des phares encore allumé, ça réveille mon côté sang froid. Je l’ai échappé belle, la putain de sa mère, la vitesse aurait été un chouïa plus élevé et je passais l’âme à gauche. Enfin le calme se rétablit, seul sur cette route, sans réseaux GSM sur un blackberry en 2 morceaux suite au crash. La lune levant me regarde méchamment manière de désapprouver cet accident. Je fait le point sur mes membres taché du sang qui coulais de mon front, je cherche mon reflet dans un rétro, histoire de checker que ma matière grise est toujours con-tenue dans mon petit crâne en os massif, et je ris de toutes mes dents ensanglantées, le fait de se moquer du physique de quelqu’un me semble être un truc d’une grande cruauté et la preuve d’un manque de sensibilité, je ne peux m’empêcher de trouver mon reflet pitoyable.

 
une version arrangée, et en voici une autre : ICI
Julien, je reviens  ?!
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