NEED SPRING BREAK

7h40, comme chaque matin, je traverse en longbaord un petit bout de bitume de Lyon qui m’emmène dans mon quotidien que je connais trop bien.

L’homme pas vraiment réveillé, le visage fermé comme les lundis matin, j’arpente les rues lyonnaises, perdu dans mes pensées. Plus loin, à l’angle d’une Avenue, je croise comme chaque matin, l’agent de nettoyage occupé à passer le Karcher sur les trottoirs. La bouche fermée, sa silhouette disparaissant dans la bruine du jet à haute pression, il semblais se fondre dans son engin sale et bruyant. 

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Je devais avoir un regard inquiet, légèrement énervé, je ne voulais pas salir mon longboard, et mon pantalon. je le dévisageais froidement et sans un mot, continuais mon chemin après que la buse se soit tue sur mon passage. Sans le remercier, je passais énergiquement devant lui dans un demi-silence, ma semelle claquant sur le sol humide. Aussitôt, derrière moi, le brouhaha reprenait de plus belle. J’avais retrouvé l’avenue bruyante et polluée où les voitures immobiles crachent une fumée nourrissant certainement quelques cancers.

Les klaxons hurlaient en ne s’adressant à rien, ni personne. Je déambulais dans la voie de bus la tête vide enfouie dans un bonnet, comme pour échapper à ce vacarme incessant. Etant un enfant de la campagne, je ne supportais plus ce goudron, ce béton, et ces immeubles froids en verres qui avalaient tout sens de la cordialité, convivialité. Les rues qui se succédaient sous mes pas se ressemblaient toutes, enfin, c’est ce que je pensais car je ne les regardais pas vraiment.

J’aimais ces moments de solitude. Le vent de Décembre me faisais frissonner entre les hauts immeubles. Le froid faisait perler quelques larmes sur ses joues, mais, ces larmes, je les aimaient. Elles n’étaient pas de celles que j’avais vu trop souvent dans mes yeux, pourtant, je faisais en sorte de cacher le reflet de mon visage.

Des larmes de honte quand il fallait renoncer à une amie proche, quand parfois, le souvenir de son sourire, ses phrases, ses cheveux, son savoir être, son charme envoutant, sa peau douce vanillé était agréable. La passion rendait nos loisirs plus éphémère encore, mais intense. Il a fallu arrêter.

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Je me rappel de certains soirs où je pleurais seul dans le noir. Elle me caressais alors les cheveux en me glissant des mots détachés de sentiment aux odeurs de tabac froid. Je souriais et son doux visage souriait encore plus à la lueur de la bougie mourante. S’endormir, bercé par le flot des souvenirs qui défilent vite, se croire en enfer parce qu’il n’y avait plus d’espoir, être amoureux et ne pas tout comprendre, simplement.

Aujourd’hui, je veux rien lâcher, de mon passé, je n’en parlerai jamais. je m’en servirais simplement pour marcher la tête haute et avoir une détermination sans bornes.

Ma rage, je l’ai vu naître dans les mains tremblantes d’un amour au désespoir. Des mois de doutes et de privation à espérer que cet eldorado de pacotille se transforme en ce rêve qu’on l’on voudrais vivre.

 Alors, non, je n’avait pas honte d’être en mode « Je m’en fou et je skate » ! Non, je n’avais pas honte d’être hautain envers les gens et mes connaissances aussi parfois. Parce que je me rappellerai trop bien de ces regards méprisants, de ces insultes quotidiennes, de ces menaces, et parce que mes larmes avaient érodé un peu de mon humanité.

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