Le baiser.

Cette bouche si douce, dont je n’évoquerai jamais l’amertume au fond de ma gorge, encore maintenant.

Et le goût de la douceur en cache beaucoup d’autres.

Je me tais, interdit.

Une crainte intangible me fais hésiter. Je ne suis pas tout a fait près, encore. Et puis, il semble que de tout les souvenirs que j’ai, celui-ci ne soit pas le plus exacte. On a envie de se voir.

Nous sommes, elle et moi, dans la situation de ces gladiateurs amis, qui nous avançons au milieu de l’arène, dans ce film, sans savoir si nous allons nous tomber dans les bras ou bien nous battre. La tension à l’approche l’un de l’autre est palpable.

Elle m’embrasse. Ou moi, je ne sais pas.

C’est très beau. 

Et puis…Elle sait que j’ai vu, ou peut-être est-ce moi qui sait qu’elle a vu. Je parle de cette petite hésitation. L’hésitation de celui qui n’est pas absolument ton ami, de celui que le doute a pénétré.

La guerre sourde, alors…? Ce sera cela.

Je me sens inexplicablement dépossédé de moi-même un instant. Une sensation assez connue me fait discrètement perdre pied. Parce qu’avant les baisers, et avant l’impudeur des langues qui se caresses il y à la pudeur et la fragilité que l’un va prendre à l’autre. Que l’autre va sacrifier pour une histoire de plaisirs bien étranges.

Elo

Sans savoir qui l’a déclenchée, il va nous falloir faire avec cela à présent. Je la sers dans mes bras, l’œil au aguets. Entre ses bras je suis comme une victime insouciante qui ne crois pas encore à l’existence du couperet alors qu’il a été condamné à mort. Je fais comme quelques personnes auraient fait, j’oublie la guerre. Je la fuie par lâcheté.

Quelque chose de parfaitement indécent et d’incroyablement accessible. Un plaisir nouveau au creux de la main.

De sa main à elle. L’envie qu’elle me donne n’est pas machiavélique, elle aussi voudrait fuir la guerre.Il n’y a pas de victime heureuse. Seulement, je sens dans l’élan de son cœur un regard intense. Elle est plus clairvoyante que moi, elle n’oublie pas. La guerre approche. Elle souffre sans doute à cette instant de ne pas avoir mon insouciance. Quelque chose en elle ressemble à une mère qui s’apprête à ôter la vie de son nourrisson, à cause de la misère insupportable du monde, retenant son geste à plusieurs reprises. On parle souvent des meurtres d’amour. On peut aussi officier malgré lui. Juste parce qu’on est en guerre.

J’hésite un peu alors la conversation repart. Échange de point de vu. Enflammades…La douceur des baisers rend l’amertume vraiment très supportable, en fin de compte.Je n’aime pas repenser à ces douces paroles qui m’ont mises en confiance lorsque je ne voulais pas troquer ma pudeur contre quelque chose d’inconnu. Je me dit encore parfois que j’avais eu raison de résister. Mais elle semblait tellement bien me connaitre. Comment aurais-je pu me douter?  

Nous évitons ainsi de nous jauger du regard de peur que cette tendresse soudaine ne s’envole.

Elle avait raison, c’était délicieux. Elle a raison, encore maintenant. Ça vaut vraiment le coup. Elle avait raison…Sauf peut-être lorsqu’elle disait qu’il ne le regretterait jamais.

 

 

 

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