Violence des gestes et des mots…

On pourrait croire à un mauvais film d’horreur, un instantané de vie pris au dépourvu, une pause chaotique dans une réalité dérangeante, même les cœurs semblent s’être arrêté, nos souffles pourtant profonds. Une tension nerveuse, se solidifie dans les millièmes de secondes qui s’écoulent.

 

Son visage, défiguré par la rage et la stupeur, est à moitié éclairé par une lampe chinoise.

Je lis dans ses yeux une certaine forme de panique, il se demande ce qu’il doit faire, comment il doit réagir, empêtrer dans sa honte, il s’enfonce dans la rage.

 

 

Je le vois déjà rugir des immondices à mon égard, ce « connard » dont il aime tant m’affubler aura une saveur particulière cette fois-ci. Oui, il n’y aura pas la forme possessive habituelle de « Mon connard », je lui appartenais jusque dans l’insulte, mais là, le pense que ce sera juste un « connard », comme quand on vocifère démesurément dans sa bagnole à l’encontre d’un parfait inconnu. Un « connard » de dépit, parce qu’il ne sait pas quoi dire d’autre, faute de vocabulaire peut-être, ou juste que les nerfs ont depuis longtemps pris l’ascendant sur le bon sens.

 

Il a l’air si vide… Ce « connard » sera aussi libérateur, il permettra de rompre ce silence et de laisser sortir un irrémédiable « Me touche pas ! enc**** » qu’il éructera de sa bouche baveuse aussi humide que ses yeux qui postillonneront de haine …

 

C’est un soir d’automne dans le petit séjour à peine éclairé de la miss Marie.

 

 A hauteur de mon épaule gauche, cette demoiselle de 24 ans sèche ses larmes dans la manche gauche de mon pull, terrorisée par la scène dont elle est témoin.

 

Moi, tenant fermement son poignet, lui, le poing dressé soumis à mon emprise. Ma force, comme décuplée par mon audace, semble avoir anéanti sa domination, tout dressé qu’il est, il me semble bien petit, bien faible, bien ridicule. Les sentiments sont soit un facteur de faiblesse ou de force.

 

Je vois ses yeux se remplir de veines ensanglantées, de la bave commence à couler de ses lèvres, surpris d’une telle impudence, l’empereur déchu regarde dans ma détermination la fin de son règne, je suis calme, droit, le torse gonflé de fierté comme ces mâles dominant qui s’affrontent, je sens son bras qui tremble dans ma main, et d’un coup sec, il l’arracha avant de le cacher dans son dos :  « et Toi CRRèève  ,CONNAAARD « . J’avais presque bon.

 

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