Wake up & work hard.

Au dessus du lavabo, le miroir reflète un semblant de moi pas tout à fait réveillé.

Le goût du dentifrice se mélange à mon haleine encore chargée d’alcool.

Mes yeux rougis par le sang tentent de faire l’état des lieux d’un visage ravagé par une nuit trop courte. Devant moi, des petits tubes de crème sont rangés consciencieusement.

Je cherche celui qui est censé atténuer les cernes. Je sors de la salle de bains en évitant mon reflet.

Des images approximatives de gens, de verres, de néons, de spots de couleurs, de robes, de silhouettes, de peau, me viennent à l’esprit sans que je cherche vraiment à me souvenir, et ce goût dans la bouche…

Je récupère mes vêtements, mes clés, mon tél…

Nous sommes déjà jeudi et cette semaine je n’ai pas cumulé plus de 12 heures de sommeil en tout. Dans quelques minutes, je serai plongé dans le réseau étendu à m’enivrer à nouveau, mais de chiffres et d’adrénaline cette fois-ci.

 

 

Depuis mon longboard, j’aperçois mon reflet des mauvais jours dans les vitrines de Charpennes. Dans ces yeux là, se cache une évidence, une vérité que je renie de ces lendemains fragiles où l’on se sent humain parce que fébrile.

 

Je cumule les conneries ces derniers temps. Ça m’a valu pas mal de remontrances au boulot. Faut dire que je ne suis régi que par l’émotion, le sentiment, l’humeur de l’instant, et on me demande d’être fonctionnel, didactique, mécanique. Alors souvent, ça ne marche pas. Je perds un peu les pédales je crois. Je me détend tous les soirs, les gens n’ont même plus de visage, ils sont des silhouettes éclairées, des verres qui s’entrechoquent, des gueules qui crient. Tout est tout le temps flou et fou !

J’essaie de me convaincre que je suis resté le même qu’il y a 5 ans. Ce même homme engourdi d’une ambition sans limite, celui-là même qui se jurait de ne jamais baisser les bras. Mais là, je suis perdu, comme lorsque vous êtes en train de penser à quelqu’un et que vous vous rendez compte que vous êtes restés fixés sur elle (oui, forcement la madamoiselle que l’on oubli pas) en omettant la vie autour.

 

 

Des business services numériques et rien d’autres, on en oublie l’humain qui peut-être se cache dans le Backbone. D’ailleurs, on s’en fou. On fait tourner le monde digital, et même si j’arrête, un autre prendra ma place.

 

Mais, tout ça c’est des conneries !

La vérité c’est que je feinte. Je prends des détours, je porte des carapaces, je fais front avec une certaine assurance. L’honnêteté prime car elle est naturelle. Le mensonge, lui,  est un exercice qui s’apprend. Et, inexorablement, la réussite, l’argent, le clinquant, on décroche lentement du commun des mortels. Bonheur en carton, ou plutôt en papier, comme ces billets de banques qui n’ont finalement de valeur que celle de l’éphémère…

 

J’arrive sur mon lieu de travail. L’air frais de l’automne vient m’apporter une dose de motivation. Je ferme les yeux en humant le vent. Je penètre dans le hall d’entrée, petit sourire à cette gentille hôtesse d’accueil. Je badge et je m’enfon
ce dans les couloirs de moquette. Quelques pas seulement et je peux déjà entendre le vombrissement incessant de l’activité du centre.

je badge le sas de sécurité, et me revoilà plongé dans l’enfer d’un paradis à accès protégé … mon bureau.

 

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