Tent?? dans la tente.

Première nuit dans cette nouvelle tente. Malgré ma grande fatigue, je me suis couché tard. Enfin, au moment d’éteindre la veilleuse, je me suis demandé à quel point cette nuit allait être éprouvante. Cette pensée amène avec elle un flot d’émotions contradictoires: euphorie, angoisse, confiance au matelas, angoisse, espoirs de changements, angoisse…

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Pour cette première nuit, la température est élevée. J’ai laissé la moustiquaire ouverte. Ce rideau blanc cache le passage entre chez nous et le monde sauvage de la nature. De là où je suis allongée, je n’aperçois que le hauts des arbres menaçants que le vent fait violement siffler.J’ai laissé mes oreilles grandes ouvertes pour apprivoiser les bruits de la nature libre et folle, comme ma compagne de campement. Il est deux heures du matin.

J’entends d’abord des bruits de l’intérieur. A quelques centimètres de moi, derrière ma tête, elle me cherche à taton. Je sursaute, mon œil s’ouvre. (l’autre oeil n’y arrive pas…) au contact de ses doigts dans mes cheveux. Pour le moment, tout vas bien. Puis viennent les bruits qui semblent venir de l’exterieur.

 Plus rien ne m’est familier. Des voix perdus, des échos. J’ai l’impression que ces gens sont tout près de moi. Nous avons investi une terre meuble au bord d’un canal sauvage et j’ai pourtant la sensation qu’il suffirait d’enjamber ce canal pour retrouver la ville. Des cris d’animaux, de la musique à la tente voisine, des bruits de pas dans le bois sec, des battements d’ailes, quelques rires. Cet endroit est bien plus bruyant qu’il en a l’air.

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Je me dis qu’en théorie toute cette vie qui grouille autour de moi est rassurante. Une autre partie de moi se demande si ça n’est pas plutôt sordide.

Tous ces bruits, tout ce mouvement. Et je suis là, couchée dans le noir.

J’allume la lumière. Je regarde autour de moi et les cris dans la nuit paraissent moins angoissés.

Dans la lumière crue, la tente parait encore plus petite. La lampe, bleue, froide, fait exploser la couleur des boites de parapharmacie posé à ses côtés comme un coquelicot.

Il faut que je me lève. J’observe les courbes de ce corps qui ne dors pas, son sourire qui se dessine, ses doigts qui serrent les miens. J’aimerais avoir un appareil photo pour saisir ces associations heureuses. Décidement trop naïf, j’ai laissé place à mon sommeil.

 Il est trois heures du matin. J’entends les voix étouffées d’une conversation dans la tente d’à côté. Apparement moins naïf que moi.

 

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