Ailleurs

Samedi. Dernières heures paresseuses dans le plancher de vaches. D’abord, s’arrêter au pub militaire, déjeuner d’énormes sandwichs, prendre une bière, apprécier encore une fois cette amertume fraiche si particulière à cette ville. Puis partir tranquillement sur le chemin de la forêt, prendre place avec le campement sous un pâle soleil d’été. Les couleurs sont comme neuves, vibrantes, de l’excitation dans les gestes, les regards.  Nous y voilà !  

 Plus loin, au confluent de deux sous bois, on dépose nos quechuas. La nature d’ici a un certain talent pour rendre charmant leur Lac, et étangs. J’aimerai construire un petit village alternatif en pleine campagne. Fuir Lyon…Pour profiter…

Dehors, le soleil nous rend souriant. La cuisine est chaude, encore parfumée de cette odeur particulière de conserve au rabais et pourtant si agréable, que dire de plus, quand l’ambiance parvient à changer le goût des aliments. 

La nuit arrive, nos activités commencent, rando nocturne avec frontal et canon en tous genres, suivit d’un cache cache, et se termine par ….oh un mammouth !   Courrezzzz ! !

Je ne suis pas un mec très bavard. Souvent, je me tais parce que je ne suis jamais certain de ce qu’il va sortir de ma bouche. Alors je la tiens fermée pour éviter les ennuis. Le silence est le seul moyen que j’ai trouvé pour réguler ma stupidité.

Dimanche matin, pas réveillé. Grognon. Mal au crâne. Souvenir de flash de reflex, de vêtement perdu dans la nuit, de visite d’animaux à 4 pattes, même plus 6 ou 8 pattes, une fois écrasé, je ne serai pas capable de vérifier.

Le ptit dej, Des tasses en équilibre instable, des sacs de miam miam qui passent de main en main avec le bisou matinal. Qui veut du jus ? Vous avez le sucre ? Passe-moi une serviette s’il te plait. Mais, elle est passée où la poubelle ?

Ca sent bon le café du matin. Il y a des miettes partout. Les blagues fusent. Ca discute et ça rigole, ça remplit toute la voiture. Quelle délicieuse façon de se réveiller.

Petit dejeuné mêlant bacon, purée, toasts et café, une sorte de concentré d’Angleterre low cost.

Ce dimanche. Le temps s’écoule doucement. Les hommes sont fatigués d’une intense nuitée, Les femmes au soleil, pour brunir leurs douces peaux. Prétexte à une confortable seconde nuit de sommeil.

Il suffirait d’un rayon de soleil plus intense, d’un soupçon de chaleur supplémentaire. On aurait subitement envie d’ombre, de fraicheur…..mais là non, c’était parfait.

 Le soleil se lève sur la vallée . Nous sommes tous les quatre assis sur des rochers en face de l’étendu de cimes. La lumière passe du bleu au jaune dans un grand moment de silence. Aucun d’entre nous n’ose parler. Dans quelques heures je serai perdu dans  Lyon.  Marie sera perdu dans sa religion, et les autres ne se reverront plus avant quelques mois. C’est un moment qui ne se reproduira plus jamais.

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