Un 1er Avril, Une Femme

Je me lève comme un dimanche: la gueule de bois et le coeur dans la vapeur. Le mince filet de lumière qui perce à travers les épais rideaux vient frapper le bord de mon lit. Cette nuit a apparemment été rude. Le lit est un champ de bataille. Mes pensées vagabondent encore vers une nuit et puis des nuits pas si lointaines.

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J’aime me lover dans les draps encore défaits pendant qu’elle prenne sa douche. Respirer encore un peu de son odeur. Rêver encore à ce qui n’arrivera pas. Penser que c’est un matin parmi tant d‘autres alors qu’il est unique. Croire encore que lorsque elle sortira de la douche en serviette, elle viendra se blottir contre moi et mouiller ma chemise. Croire encore à un bonheur qui s’éloigne.

Je ferme les yeux et inspire profondément. Pas d’odeur autre que la mienne, la journée commence difficilement. Je ne prends même plus la peine de faire mon lit. “What you see is what you get”. Un lit en bordel peut exprimer bien des choses. Pour moi, je crois que c’est assez limpide.


Mes sens se réveillent et je ressens un léger picotement dans la nuque. Une forme est assise sur le tapis à côté. Elle me regarde sans dire un mot. Je ne sais pas ce qu’elle veut. Je ne distingue que ses contours, rien d’autre. Elle dégage une odeur de fleur. Ses senteurs diverses remplissent la pièce et entrent dans mes poumons à grand renfort de coups de coeur. Elle fait un mouvement vers moi : des courbes féminines. Elle m’est familière, j’ai l’impression de la connaître et en même temps qu’elle m’est complètement étrangère.


 Elle fait son entrée dans mon univers et se déplace lentement. Je ne bouge pas, je la laisse venir. Elle tourne autour du lit, en caresse les rebords, avance lentement, répandant à chaque mouvement des effluves de ses parfums. J’en reconnais certains, et en découvre d’autres. L’ombre est passée et future. Elle s’inscrit dans un espace-temps sur lequel je n’ai aucun contrôle. Elle me regarde de bas en haut, me dévisage.

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Sa forme est celle parfaitement humaine: surprenante de finesse et de sensualité. Elle se penche sur le lit. Je suis à sa merci, elle peut faire de moi ce qu’elle veut. Je ne suis plus qu’un jouet entre ses doigts graciles. Ses cheveux couvrent son visage. Elle n’est qu’ombre, la lumière ne parvient pas à découvrir sa peau.

Je ne sais pas pourquoi, les rares fois où j’ai rencontré une fille qui me plaisait, je me suis toujours pris une grande claque.

Je dois l’avoir mérité.

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4 réflexions sur “Un 1er Avril, Une Femme

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