L’amour arrive en silence et repart en claquant la porte.

J’ai croisé dans la rue ma première amante lyonnaise. Par hasard.

Elle a souri, moi aussi.
Elle a vieilli, moi aussi.
Et puis la vie a repris.

J’ai surnommé mon ex « Carglass » pour son absence totale de franchise. Plus sérieusement le problème avec elle, c’était qu’elle aimait déjà son prochain.

Je ne lui en veux pas, je ne lui demande pas de s’excuser, nous n’avions pas les mêmes notions de la relation amoureuse..

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Aujourd’hui tout est différent, il faut profiter de chaque moment, il me semble que je ne peux plus remettre ça à plus tard. Alors avec ma femme, un éclat de nuque à l’orée de la chevelure, une corps joliment dessinée, une moue innocente qui laisse la porte ouverte aux interprétations, il en faut peu pour susciter le désir, et encore moins pour l’éteindre…

Elle avait un décolleté si plongeant que mes yeux s’y sont noyés.
Je l’aime.

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J’ai appris que le bonheur d’un jour pouvait ne pas passer la nuit.

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Elle est parti sans explication.

Je me suis longtemps demandée si j’y étais pour quelque chose, je crois qu’on est toujours responsable du comportement, des réactions de l’autre. Pas coupable mais jamais innocent.

J’aurais aimé qu’elle m’explique même si au final j’aurais eu encore plus mal. Mais là, de ne pas savoir… Un jour, elle est parti brutalement, elle est sorti de notre vie et de la sienne aussi. Je préfèrerais qu’elle m’accable, qu’elle me le cri ce pourquoi mais pas ça, pas ce putain de silence.

Retourne-toi, regarde-moi et dis-moi pourquoi.

Que je puisse au moins te détester.

Antidaté de 2005.

 

Formation Paris : 22 – 23 Novembre 2016

Au terminus du train, des centaines de gens se déversent sur le quai, marchant d’un pas pressé vers leurs destins respectifs. Ils me croisent, me frôlent, me bousculent, me dépassent… Je découvre ces milliers de visages humains qui fourmillent dans la grande gare, puis je pense aux dizaines de milliers d’autres qui s’activent dans le quartier, les centaines de milliers dans la ville, les millions du pays, les milliards sur terre, et moi qui erre dans cette gare avec un vertige soudain à l’idée de ce chiffre.

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On pourrait croire que je prône la pensée unique, mais loin de moi cette idée, je suis juste effrayé par le pouvoir de la vanité et la dépendance à la hiérarchie d’un peuple soumis à des croyances, des chefs d’état, et des besoins créés par des firmes immenses et inextinguibles. Nous sommes devenus des valeurs boursières, des chiffres dans un sondage, les variables d’ajustement d’un bilan comptable à l’échelle mondiale.

Pendant qu’on s’affaire à trouver le moyen de se payer le dernier smartphone ou n’importe quel autre bien, il ne nous reste que peu de temps pour nous indigner le soir, sur nos canapés, sur la possible faillite du système, les banques à l’appétit gargantuesque et la misère qui touche les pays pauvres.

On pourrait s’aimer simplement, se respecter dans une espèce de tolérance naïve, de solidarité enfantine, mais l’Homme a une histoire, vieille, violente mais toujours vivante qui aujourd’hui résonne dans les viscères congestionnées d’une société qui se cherche des coupables.

Tous ces regards qui me croisent sont autant de vies, de secrets, de passions, de déceptions et je ne me sens jamais autant humain que pendant ces instants-là, quand je me retrouve au milieu d’une gare à me faire bousculer par les gens.

Je suis l’un des leurs, foncièrement, à tout jamais. Le soleil libéré d’un nuage épais, transperce la façade vitrée pour venir m’aveugler. Les silhouettes s’étirent sur le sol froid, ils redeviennent les anonymes de la Gare de Lyon et moi je disparais dans le glissement d’une porte coulissante.

Les contours de son corps affolent le compte-tours de mon coeur.

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Dans des circonstances que je tiendrai secrètes, une personne dont je tairai le nom m’a dit des choses que je ne peux pas répéter.

Les fantasmes les plus élaborés ne valent rien à côté de ce geste parfaitement placé, de ce mot chuchoté au creux de l’oreille, de ce minuscule morceau de peau dévoilé.

Son éclat de rire est venu se loger dans mon coeur. Je porte en moi des morceaux d’elle qui affleurent encore à ma peau… Je voudrais être la goutte d’eau qui fait déborder son cœur.

Ce que je voudrais dire parfois les mots ne suffisent pas.

Je ne suis plus qu’une narine à travers laquelle parvient le doux parfum signalant l’arrivée imminente du granola.

Évidemment, avec cette obsession du corps qui caractérise l’époque, nous devons aussi de faire du sport, et de manger sain. D’où le granola.

J’ai acheté une fois un granola du commerce, et compris immédiatement que rien ne vaudrait jamais la version maison que m’avait fait goûter une amie. C’est complètement addictif, à ne pas mettre entre toutes les mains sous peine de picorer entièrement le bocal sans même s’en rendre compte.

Connaissez vous la différence entre le Muesli et le Granola ?

– Le muesli est un mélange de céréales et fruits secs, habituellement consommé au petit déjeuner avec du lait. On doit son origine au médecin suisse Maximilian Bircher-Benner (en fait, en suisse allemand ce produit s’appelle birchermuesli, du nom du docteur et de muesli signifiant littéralement « petite purée »).

– Le granola est lui aussi un mélange de céréales et noix, comme le muesli, mais à différence de ce dernier, le granola est cuit au four, souvent avec une huile et du miel ou du sirop d’érable (ou sirop de glucose) qui ont l’effet de lier un peu les ingrédients. De plus, le granola est toujours consommé froid (avec du lait ou du yogourt), tandis que le muesli peut être consommé froid ou chaud avec du lait ou un autre liquide.

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Un réveil à la campagne, une bolée de Granola fait maison, le VTT gonflé, montre Tomtom chargé, à ce soir !

La tendresse, c’est un peu d’amour déposé sur l’épiderme.

Un jour, je regardais par la fenêtre du salon, je me pris à rêver d’elle. De cette femme. Une jeune femme en réalité.
Début 2013.

Le temps était constant et je m’ennuyais.
Alors je pensais à cette femme qui a chamboulé quelque chose dans ma tête. Je ne le sais pas, sans doute à cause de mes vingt trois ans, du haut desquels on ne voit pas grand chose, mais je suis presque certain d’avoir fait exprès de ne rien trouver comme occupation dans le seul but de me permettre de penser à Elle.
Elle s’appelle Elodie.

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Ce qui m’importe, c’est ce que le souvenir de cette belle femme me procure comme sensation au plus profond de moi-même. Comme si un peu de bien-être et de mal-être se mélangeaient en moi. Une sensation chaude et un peu enivrante mais qui laisse un goût de péché.
Devant cette fenêtre, je rêve à des choses un peu bizarre que je ne comprend pas très bien.
Je m’imagine skater sur le chemin pour se rendre chez Elle, et Elle au loin, faisant semblant de rien, qui me regarde avec une passion secrète dans les yeux. Je me répète en boucle, inlassablement, les chemins de ballade qu’on a pu faire. Je me répète inlassablement les regards passionnés que m’offre cette femme. Et puis quand c’est fini, je recommence. Je recommence encore et encore. J’en veux plus… Mais je ne sais pas ce qui manque à ce genre d’histoire. J’en veux plus. C’est tout. Je veux cette femme. Mais je ne sais probablement pas ce que signifie ceci. Vouloir cette femme.

Devant la fenêtre du salon, je me repasse la scène une fois de plus.
il se passe quelque chose. À chaque fois que je pense à elle, il se passe quelque chose au creux de mon ventre.
Je suis content d’être un dimanche. J’aime bien être sûr qu’on ne va pas me déranger pendant que je laisse mon imagination faire un tour à l’air libre. Les doux regards passionnés …
Quelle belle femme.

Belle n’est pas le mot exacte, en fait…. les mots me manquent……une femme sensuelle. Je ne sais pas ce qu’elle est pour le moment. Je reste à la fenêtre comme un chien qui attend ses maîtres. Comme si je touchais un peu à ma fin, comme au lendemain d’une de nos soirées dont on se réjouit quelques mois à l’avance, seulement une fois qu’elle est passée, il ne reste plus rien qu’une sorte de légère dépression. Et elle va nous engloutir. Il semble que rien n’adviendra plus parce que le monde s’ennuie.

Elle commence à s’estomper un peu dans ma tête. Un peu, mais quand-même. Il me faut arrêter là ma séquence de cinéma, car c’est ce qui arrive lorsque j’use trop la pellicule d’un souvenir. Il s’estompe.
Il faut que je la vois.

Il faut que je la vois.
Quand?… Je ne sais pas. Il le faut pourtant, pour recapturer de nouveaux souvenirs. Pour faire repartir ma pellicule favorite avec de nouvelles images. Ma pellicule, mon film secret.
Il faut que je la vois. Mon film se fait vieux, c’est tout ce que je sais.
Mon film m’intéresse plus pour le moment. Je suppose que j’ y reviendra lorsque cette femme me réapparaitra. Lorsqu’elle me fera comprendre, grâce à sa démarche, ses regards complices, qu’elle ne m’a pas oublié, elle, et qu’elle espère bien m’asservir.
Je me rappelle que je suis à la fenêtre du salon de mon appart.
Tout d’un coup, mes yeux semble retrouver la vue. Je regarde la vitre de la fenêtre devant laquelle je me tiens depuis quarante deux minutes.
Impression étrange. Celle de ne pas avoir vu cette fenêtre depuis une éternité. Peut-être même jamais. Comment ai je pu rester devant, autant de temps, sans la voir ?

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Je voulais me reposer l’esprit de toutes ses divagations mais il semblerait que le silence, ainsi que la fine pluie qui tombe maintenant aient raison de moi et de ma volonté. je m’assois. Attend que ça passe. J’essaie d’en profiter un peu quand-même. Après tout, des fois où je me souvient d’elle et j’aimerais qu’elle soit là.
Alors…
Je sort de ma douce bulle, je me retourne…
j’ai besoin d’eau, je voudrais aller à la seule source qui puisse me désaltérer. Je ne peux pas me dire que le désir aussi s’use, aussi mature que je suis, et que l’on ne peut l’entretenir sans contacts physiques, ou encore sans voir celle qui éveille en moi ce même désir. Le désir pour ses sourires, sa peau, son odeur. Je ne peut lui parler de sa provocante sensualité. Et ses mains, Ses mouvements félins…

Mais je ne peux pas lui dire. D’abord parce que c’est bizarre et ensuite, cela peux être gênant.
Je me sent pris en faute. Avec ce goût de péché qui revient dans ma bouche.

Dans la cuisine, par mégarde, je re-croque dans mon sandwich. Il a un goût bizarre. Il n’est pas très bon. Comme s’il était rance. Comme s’il était passé. Comme si ma raison, en me rattrapant, avait balayé d’un revers de main tout mon présent pour le remplacer par une sorte de passé. De passé inéluctablement tourné vers le passé. Où aucun futur n’est possible…..Même la douce et tangible fin du monde semble s’être fait balayée de ce même revers de main. Et toutes ces choses qui avaient un goût de plaisir (voyages….), qui semblaient si réels et si forts ont maintenant un goût de lointain, un peu ridicule. Si ridicule qu’on évite de les croiser du regard. C’est ce que j’ai fait, d’ailleurs. Je les évite. Cette ridicule fin du monde, le film de cette femme… je repense à ça, et je sorte skater sous la pluie…

Dimanche 19 Janvier 2013.

 

Je suis sous le canapé. Mes clefs me cherchent pour aller au travail mais je n’ai pas envie d’y aller.

J’ai souvent nagé à contre courant, pas du tout par esprit de rébellion, il se trouve que mes pensées ne correspondent en général pas à la majorité, par hasard…

Je me souviens de cette participation à une conférence lors d’un séminaire…après avoir écouté les interlocuteurs déballer l’intérêt de multiplier le nombre d’accès haut débit, j’avais glissé l’idée que l’on pouvait juste optimiser les ressources réseaux avec de la qualité de service, sans se soucier de l’étendu du haut débit…

Huée générale…vaguement soupçonnée de mensonge éhonté, j’ai souri…c’est amusant de voir à quel point le retour sur effort est jugé à l’aulne de ton succès, que tu es sommé d’attendre, forcément.

J’ose espérer qu’un ou deux spectateurs se sont toutefois retrouver dans cette idée de performance des réseaux, sans attente autre que les grosses factures des accès haut débit…

Je pense que c’est dû au fait que je plane ailleurs que sur le plancher des vaches…

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